Accueil Date de création : 27/04/08 / Dernière mise à jour : 02/07/08 19:13 / 15 articles publiés

Cloe.  posté le mercredi 02 juillet 2008 19:14

La fenêtre de ma chambre claque, au gré du vent. La sonnerie de mon téléphone vient à sa rencontre. Une sonnerie... Deux... Trois... Bip ! Je souffle. - Cloe, je sais que t'es là. Réponds ! Merde, tu fais chier ! Ce soir, c'est l'anniversaire de Joanna. Elle a 30 ans. Ca se fête ! 'tin, elle s'fait vieille ! Bref, faus trop que tu viennes. Ca va être l'éclate, ma poule ! Cloe... Décroche... Bip ! Je n'ai pas bougé. Face à mon miroir. Les bras le long du corps, les cheveux attachés. Une simple culotte de dentelle cache mon corps. Ce corps. Je ne sais pas comment je suis arrivée à ce point. Je ne m'en souviens plus. Je n'ose pas toucher me toucher. De peur. De brûler. Des bandes couvrent mes poignets. Quelques tâches de sang montrent mon malaitre. Je n'en peux plus. D'une main, mon réveil atterit sur mon miroir. 7 ans de malheur. Je rigole. Un rire faux. Un rire forcé. Je ne sais plus comment l'on rigole. Je ne sais plus quel est le son de ma voix, lorsque je rigole. Des bouts de verre sont éparpillés autour de mes pieds. Là, un bout de bras. Ici, un bout de mon ventre. Et là, une larme... Je me suis laissée tomber. Lachant prise. Perdant tout espoir. Des flashbacks, innondés de larmes. - Cloe, t'as fille bave. - T'es conne. Pourquoi l'avoir mise sur tes genoux. - Elle est mignonne, hein elle est mignonne Jeanne. Oh, oui ! Regarde. Regarde ! Elle m'a fait un sourire. - Elle a deux ans. C'est normal. Merde, t'as fait tombé sa tétine. Elle va pleurer. 'tends, je la prends. - Cloe. Regarde la route. Cloe ! CLOOEE !! ... - Tu as tué notre fille. - Maman... C'était un accid... - Tais-toi ! Notre seule et unique fille. Oh mon dieu ! Qu'est-ce qu'on va devenir. Vas-t-en ! Dégage ! Je veux plus te voir. T'AS TUE NOTRE FILLE ! Et moi, maman... Je suis là. Ne ma laisse pas tomber. Pas maintenant... Peu à peu, je reviens à moi. Des coups frappés à ma porte. - Cloe ! C'est Carole. Ouvre. J'enfile un pull large. Un jean large. Et des baskets. Sèche mes larmes. Cache mes poignets. Cache mon corps. - Ma chérie. Tu faisais quoi ? Viens. On va se saouler jusqu'au petit matin. Joyeux anniversaire Joanna ! Je sourie. Crie de joie. Cache mon malaitre. - Joyeux Anniversaire Joanna.

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Cleve Perdu.  posté le vendredi 27 juin 2008 18:55

D' une main fébrile, je roule mon joint. - Salut, mec ! Une tappe amicale dans le dos. - Rodrig'... - Lui même. Des dents jaunâtres me regardent. - Ta soeur ne t'as pas accompagné ? - Pauvre con. Il rigole. Moi aussi. Lourdement, il s'installe à mes côtés. De main en main, le joint voyage. - Sympa, t'es pompe. Je ne réponds pas. Mes pompes... Des converses noires, trouées. - T'façon, au moins tu pueras pas des pieds. Je l'insulte. Il se marre. Je l'accompagne. Mes pompes... Cela me ramène à la réalité. Une réalité que je veux fuire. Nous finissons le joint sans un mot. Dans le silence. - Tu sais, si tu veux de l'argent... Il ne termine pas. Laissant la fin de sa phrase en liberté. - J'veux pas rentrer dans tes combines de merde. Un rictus. - Ouais... C'est c'qu'on dit. Au début... Il a raison. Dans 15 jours, environ, je le rejoindrai. Lui demandant une faveur. Juste une. Puis deux. Trois... Dix... Vingt-deux... Pour sombrer. - Tu rêves, mec ! Je secoue la tête. Mes bouclettes virvoletant. - T'en as quelques-unes, pour moi. Juste un murmure. - Toujours. Il fouille. Puis, me tend un sachet. Je le regarde. Sans oser faire un geste. - T'en veux combien ? Désolé Maman. - Quatre. Faut que je tienne la soirée. J'en avale une. Puis la deuxième. - Doucement avec les pillules. Je suis déjà partit. Loin. Il y a un mois, j'ai rencontré ces fameuses pillules. Pour ne plus les quitter. Elles m'aident. A tenir. A oublier, le temps d'une journée. D'une petite journée. Ma mère malade. Un père absent. Une soeur encore innocente. Une famille à nourrir. Un toit à tenir. Ce soir, j'oublierai tout ça. Dans un mois, j'oublierai définitivement tout ça. Partant. Comme mon père. Comme un lâche. Ce soir, je serais simplement un adolescent de 17 ans. Cleve Perdu. Profitant de la vie. Un adolescent épanouit. [...] Les yeux cernés. Les lèvres blanches. Les mains tremblantes trahissant un manque. Je suis Cleve Perdu. Un névrosé. Ne pouvant supporter la trop grande responsabilité. Ma soeur est partie vivre dans un foyer. Ma mère... Je suis Cleve Perdu. 23 Novembre 1990 - 23 Novembre 2008. Je t'aime Maman.

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Papa ?  posté le samedi 21 juin 2008 13:18

- Claire, tes coudes. J'attends 3 secondes puis les retire de la table. Simple arrogance. Après tout, j'ai 16 ans. Une grande et belle serveuse nous tend les cartes. - Pfff... Je souffle. Pourquoi un restaurant ? Pas la peine de prendre des gants pour me l'an... - Vous avez choisit ? Mon père prend les devants. - Oui. Un sourire. Charmeur. Mais, qu'est-c'qu'il fait ?! - OUI. Je hausse le ton. Exprès. La serveuse sursaute. - Heu...Se...Se sera ? - Menu enfant. Mon père me jette un regard. Les yeux ronds. - Mais, tu n'as pas l'âge, puce. Je tire une grimace. - C'est la seule chose qui a l'air mangeable, ici. Le reste m'a l'air dég'. La serveuse ne répond pas. Tant mieux. Mon père sort de table pour payer l'addition. Je regarde ma mère. Si belle, si douce. Elle n'a prononcé aucun mot durant le repas. Même lors de "l'incident". Mon coeur se sert. Elle supporte. Tout. Il me le paiera. Ma main caresse ses beaux cheveux, couleur corbeau. Elle sursaute. - Ca va, m'man ? Elle me sourit. Un sourire artificiel. - Tu sais, m'man, vous n'aviez pas besoin de m'emmener dans un resto chic pour m'annoncer que vous alliez divorcer. Elle me regarde. Un sourire se dessine sur son visage fin. Un vrai. - C'est vrai, tu as toujours fait plus que ton jeune. Je lui dépose un baiser. - Je veux vivre avec toi. Mon père arrive et coupe court à la discussion. - On y va. Il est 23heures26. - Chérie, tu devrais aller te coucher. Tu as cours demain. Je ne réponds pas. M'obstinant à fixer mon regard sur la télé. Il soupir. S'assoie sur le fauteuil, à mes côtés. - Ta mère, m'a raconté votre discussion au restaurant. Je ne réponds toujours pas. - Claire... J'éteins la télé. - Je vais vivre avec maman. Il me regarde, surpris. - Hein ?! Co... Pourquoi ? Un rictus se forme sur mes lèvres. - Attends, tu ne crois tout de même pas que j'allais vivre avec toi et ta... pouf. J'avais accentué ce dernier mot. Il n'était pas surpris, au contraire. J'explosa. - Maman fait, peut-être, semblant d'ignorer mais pas moi. Comment as-tu...Comment...Je te déteste. T'entends. JE TE DETESTE ! Réaction idiote. Mais humaine. Il m'attrapa le poignet. - Lâches-moi. Il serrait de plus en plus. A quoi jouait-il ? Je me suis mise à crier, le frapper, le mordre. Une claque. Me stoppa. Les yeux rougis, je le regardais. Sans comprendre. - Je suis encore ton père, que tu le veuilles ou non. Il m'empoigna les deux poignets. - Je gagnerai ce divorce. En obtenant ta garde. Ses yeux. Plein de fureurs. Non, de folies. Sa main droite attrapa mon coup. - Papa... - Oui. Je suffoquais. - Tu...tu me f...mal... Avant de relacher son emprise, sa bouche s'approcha de la mienne. - Tu seras tout à moi. Il me déposa un baiser. Violent. Je te déteste. J'éclate en sanglots. Tremblante. De peur. Réaction faible. Réaction humaine.

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Je suis un homme.  posté le mercredi 18 juin 2008 19:31

Le plus doucement, je referme la porte du garage. - Alors, la lopette, c'est à c't'heure-ci qu'on rentre. Je baisse la tête. - J'étais à la blibliothèque. Je dois réviser pour mes ex... - Ta gueule. J'obéis. Je la ferme. Je passe devant lui. Mon coeur s'accélère. Mes mains deviennent moites. Je sens son souffle. Il pue l'alcool. Pour ce soir, il n'y aura pas d'incident. Pas d'injures. De menaces. De coups. Grand-mère est là. Elle me dépose un bisou sur ma joue. - Arrête ça. C'est à cause de toi qu'il est devenu comme ça. Il grommelle. Un verre à la main, son journal dans l'autre. - De quoi tu parles ? Il ne répond pas. - Tu as encore maigri, toi. Elle me pince le ventre. Une nouvelle fois, je m'incline. Tête baissée. Si elle savait... o7heures28. La télé résonne dans toute la maison. Accompagnée des ronflements du père. Sac sur le dos, ventre vide, je me précipite au dehors. Avant qu'il me voit. J'ai froid. Dans la précipitation, je n'ai pas pensé à prendre mon blouson. Je me frotte les bras. - Tiens, tiens... Qui vois-je. Je ferme les yeux. - Mon Dieu, aide-moi. Aide-moi... Un murmure. - Qu'est-ce qu'elle a dit la fiotte ? Avant même que le combat a commencé, je déclare forfait. Peut-être, que j'en suis une. Après tout, ils ont sûrement raison. Le groupe m'encercle. Aucun échappatoire. - Alors, t'as le trou du cul assez grand maintenant. Je tremble. Mon Dieu, pourquoi ? Pourquoi, moi ? - Il répond pas le pédé. Il a perdu sa voix à force de baiser. Les autres rigolent. Puis, le "jeux de la tomate" débute. Une chanson. De Polnareff, je crois. Je la fredonne. Les yeux fermés. Attendant, la fin. "Je suis un homme. Je suis un homme... Au lit mon style correspond bien à mon état civil... Je suis un homme. Je suis un ho..." Un coup de poing me faire perdre l'équilibre. Le nez en sang. Des étourdissements. - On se retrouvera, p'tite pute. Un murmure. - Prends lui son jean. Vite. Et son slip, aussi. Il fait froid. Ils ricanent. C'est fini, je crois. "Je suis un homme. Je suis un homme. Quoi de plus naturel en somme..."

Je suis un homme. Michel Polnareff.

 

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Encore plus de folies ^^  posté le vendredi 13 juin 2008 17:53

Mon portable vibre. Pierre. - Salut, ma puce. Je ne réponds pas. - Tu ramènes ton jolie petit cul. Ce n'est pas une question. Mais un ordre. - D'ici 2o minutes. A mon appart'. Je ne dis toujours rien. - ... Il a raccroché. Sans attendre de réponse de ma part. Sans avoir entendu le son de ma voix. Je me regarde dans le miroir. Les yeux cernés par la fatigue, la crainte, le stresse, la peur. De la poudre. Un trait noir. Du blush. Un peu de rouge sur les lèvres. De la couleur sur les yeux. Je dois être présentable. Sinon... J'ouvre ma penderie. Après un temps d'hésitation, j'enfile une jupe courte, des bas noirs, un haut très décolleté et une paire de chaussures à talon. Je dois être sexy. Sinon... Je frappe deux coups secs sur la porte. - Entre. Il n'est pas seul. Deux hommes sont avec lui. - Viens, ma puce. Je m'assoie à ses côtés. Sa main glisse le long de ma cuisse. - T'es sexy aujourd'hui. Ouf... Il passe sa main son mon haut. Il m'embrasse. Le cou. La bouche. Le sein. Les deux hommes nous regardent. Le sourire aux lèvres. Je ferme les yeux. J'ai peur. - Détends-toi. Sa voix est dure et froide. Je dois me détendre. Sinon, il va me f... - T'as quelque chose, pour moi ? Ce sont les premiers mots que je pronoce depuis que je suis arrivée. Il sourit. - T'as une ligne prête sur la table. Je me précipite, à genoux, devant la petite table du salon. Une seule. Se ne sera pas assez. Pour oublier. Je suis à genoux devant Pierre. Je l'entends gémir. Il me tire les cheveux. - Avale. J'obéis. Les deux hommes n'ont pas bougés. Ni parlés. - Tu l'as veux, Ben ? Le prénommé Ben, me détaille. - C'est un bon coup ? - T'inquiètes. Un clin d'oeil. Un sourire complice. - Ok. Je me lève. J'ai peur. Ce n'est pas la première fois, qu'il me fait ça. Mais je n'arriverai jamas à m'y habituer. - T'en as une autre ? J'ai le coeur qui bat, vite. Je le supplie du regard. - Attends, si t'en prends une autre, c'est payant. Un sourire pervers. Une main caresse mes fesses. - D'accord. Je n'ai pas réfléchit. Je ne peux plus. Mais, je sais que je me suis encore plus enfoncée dans ce cercle. Ce trou. Il éclate de rire. Après Ben, il y a eu l'autre, Jake. Je crois. Je ne m'en souviens plus. J'étais défoncée. Je suis nue. Allongée sur son lit. Les jambes repliées sur mon ventre. Une porte claque. Ils sont partis. Sauf un. - T'as été géniale. Pierre. Celui qui m'a sauvé. Celui qui m'emprisonne. Il s'allonge à mes côtés. Un joint à la main. - Tu veux payer comment ? Il me regarde, une once de folie dans le regard. Il m'a sauvé. Il me tuera. Menotée. Des coups de fouet s'abat sur mon corps. - Jouïe. Je simule. Pour qu'il arrête. J'ai peur. Maman, Papa. J'ai si peur. Pourquoi m'avez-vous laissé tombée ? Pourquoi êtes-vous partie ? Cela fait un an que ça dure. Que je suis l'objet de Pierre. Suivant ses désirs. Ses folies. - Il est allongé sur moi. Sa langue lèche mon oreille. Je pleure. Il m'a aidé. Pour lui. Jeremy. Mon petit bout de chou. Mon ange. Celui qui me fait tenir. Mon dieu, Aidez-moi. Aidez-nous. Aidez-le.

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